BIG DATA : Donnez, donnez, données…
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Impossible pour les professionnels de notre secteur de ne pas entendre parler en permanence de BIG DATA. Mais que faut-il en comprendre ?

1 – Le BIG DATA : un changement d’échelle né du web 2.0

BIG DATA c’est tout d’abord une formidable révolution numérique rendu possible par :

–  Une capacité de stockage de données inconnue jusqu’alors et qui ne cesse de croître. On parle aujourd’hui  de zettabytes, c’est-à-dire de milliers de milliards de méga-octets
– Un volume d’utilisateurs/clients, à l’échelle du milliard d’êtres humains, de produits ou de services d’une même société où chaque action est tracée
– Un rapport services gratuits  (pour Google ou Facebook par exemple) ou proposition personnalisée de produits ou services (pour Amazon et Apple par exemple) contre un usage des données personnelles issues de navigation, de recommandations, de déclarations, de comportement,… Chaque internaute étant un produit dont la valeur est dans ses données !
– Une monétisation non seulement de données stockées mais également de flux de données quasiment en temps réel grâce à des systèmes informatiques et d’intelligence marketing ultra-puissants  avec comme promesse ultime, en plus de bons services, la bonne offre publicitaire, personnalisée et au bon moment.

Les 4 sociétés précédemment citées, toutes américaines, pèsent 300 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel et près de 1 000 milliards de dollars de valeur boursière cumulée. Les chiffres comme les volumes de données collectées donnent le tournis, d’autant que ces possibilités de business n’existaient pas il y a 10 ans.

2 – Le BIG DATA apporte de la valeur à l’entreprise… qui apporte de la valeur à ses clients

Si toutes ces sociétés crées autant de valeur, le Boston Consulting Group estime qu’un « profil » vaut aujourd’hui 600 euros et près de 2 000 euros d’ici 2020, c’est qu’elles ont trouvé un public. Et les centaines de millions d’utilisateurs à travers le monde, quel que soit leurs cultures et le niveau économique ou la forme de gouvernement de leur pays, semblent s’y retrouver.

Certes, les utilisateurs qui quotidiennement sont présents sur la toile ne sont pas toujours très avertis  du sort réservé à leurs données personnelles, la matière première du monde digital, mais les services rendus semblent compenser les désagréments publicitaires. Et puis chaque internaute est de plus en plus éduqué et de moins en moins sensible aux sirènes de la publicité. J’en veux pour preuve la baisse constante des mails ouverts et des clics sur les publicités.

C’est signe qu’une forme d’autorégulation se met en place, aussi bien du côté des utilisateurs qui perçoivent le rapport coût/bénéfice qu’ils tirent du web, que des professionnels (voyez notamment la qualité d’un service comme Gmail aujourd’hui face aux spams). Car personne n’a intérêt à « casser le jouet ».  On peut donc parier qu’un écosystème économique basé aussi sur la publicité va finir par se mettre en place et que l’Internet va devenir un canal de confiance (d’ailleurs qui n’a pas confiance aujourd’hui ?).

3 – Le BIG DATA est un souci juridique et fiscal en Europe avant d’être un enjeu économique.

Dans notre bonne vieille Europe, c’est la voix politique d’en haut, le règlement, la directive et la taxe sur les données personnelles prévue pour 2014 qui précèdent l’intérêt économique (c’est bien  le signe d’une réalité économique !). Nous n’avons pas de champions dans le domaine (pourquoi ?). Donc plutôt que de créer un environnement favorable au développement de sociétés innovantes, et nous avons déjà pris beaucoup de retard dans ce domaine, réglementons le marché européen.

Mais pour quel résultat attendu ?

Car comme le rappelle Stéphane Grumbach, directeur de recherche de l’Inria et interviewé par e-markeitng.fr, les-Etats-Unis possèdent 72 % des 50 premiers sites mondiaux, ensuite, il y a la Chine qui en détient 16 %. Derrière eux viennent des pays comme le Brésil, la Russie ou l’Iran, qui sont en avance sur l’Europe.

Pourtant, l’industrie numérique européenne existe : nous avons les « tuyaux » et une forte pénétration des outils numériques dans la population, mais nous n’avons pas les entreprises du Web, qui utilisent les « tuyaux ».

L’Europe cherche à mettre en place une régulation dans ce domaine qui bouge très rapidement, et le paradoxe, c’est que la majorité des données des Européens sur le Web 2.0 sont hors de nos frontières, donc hors du champ d’application de notre droit.

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