Les technologies et les séniors

L’avenir radieux est la combinaison d’une connexion, d’un écran et d’une carte bleue.

Dans un avenir proche, on nous prédit la fin du porte-monnaie, du chéquier, de la boîte aux lettres, du magazine papier, du meuble Ikéa pour ranger ces factures, du téléphone fixe…

La seule nécessité : un smartphone.

Et la vie est belle. Mais pour qui ?

Comment imaginer que cette « société digitale » puisse convenir à tous.
A l’heure de l’inclusion, voilà un bel exemple d’exclusion.

Dominique, un ami de 73 ans encore très actif me dit souvent que ça plus grande crainte c’est d’oublier une facture. Parce que dans le flot des e-mails pour chaque boîte mail et des classements en courrier principal ou indésirable, c’est autant de stress créé par cette insécurité numérique.

Et on ne parle que de recevoir une facture électronique pour une personne
qui est relativement à l’aise avec l’informatique, sans souci de santé et sans handicap particulier.

Alors avoir comme horizon un écran et une CB comme seul prolongement de notre vie quotidienne,
c’est soumettre la diversité des publics à la sacro-sainte technologie.

Non pas que le progrès technologique ne rend pas service, bien au contraire,
mais il n’est pas adapté à tous les publics, ne peut pas gommer tous les usages,
et surtout il se doit d’être accepté et non imposé.

Que les premiers de cordée aient un intérêt économique, social et culturel de pousser les feux de la technologie,
on le comprend bien. Mais la cordée est longue, et tous doivent pouvoir bénéficier du progrès pour avancer vers
un but commun et faire société. La technologie n’est qu’un moyen. Un moyen au service de tous.